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Face à la flambée des prix du kérosène, l’aérien français sous pression : les compagnies aériennes réagissent
Paris, France –
En cette année 2025, le secteur aérien mondial fait face à une menace inédite : une pénurie de kérosène et des coûts de carburant qui frôlent des sommets historiques. En Europe, et notamment en France, cette crise alimente des tensions croissantes entre passagers, compagnies aériennes et régulateurs. La situation s’aggrave si vite qu’on commence à parler d’un avenir où les vols pourraient être cloués au sol.
Ces dernières semaines, plusieurs rapports fiables ont mis en lumière une tendance alarmante : certaines compagnies, dont Volotea, envisagent ou appliquent déjà des surtaxes sur des billets déjà achetés. Une pratique jusqu’ici rare, mais qui pourrait devenir courante si la situation ne s’arrange pas rapidement.
Une crise silencieuse mais redoutable
Le kérosène, ce liquide jaune foncé qui alimente presque tous les moteurs d’avion civil, n’est pas simplement un combustible. C’est le nerf de la guerre du transport aérien. Or, depuis plusieurs mois, son prix a bondi de façon spectaculaire. Selon les derniers chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le coût moyen du kérosène à destination européenne a augmenté de plus de 60 % par rapport à l’an dernier.
Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs interconnectés : la raréfaction des capacités de raffinage en Europe, les perturbations logistiques liées à la guerre en Ukraine, et une demande post-pandémie toujours élevée. Mais ce qui inquiète particulièrement les experts, c’est la faiblesse des infrastructures de stockage en Europe occidentale. Contrairement aux États-Unis, notre continent manque cruellement de réservoirs suffisants pour faire face aux pénuries imprévues.
« Si nous continuons sur cette trajectoire, il est possible que certains vols soient annulés à court terme », a déclaré un responsable anonyme de l’Association des compagnies aériennes européennes (IATA), interrogé par France 24.
Volotea : première à franchir le cap
La compagnie aérienne Volotea, spécialisée dans les vols low-cost vers les destinations secondaires en Europe méridionale, a été la première à prendre une mesure concrète. Selon un communiqué publié sur son site officiel et relayé par Capital.fr, l’entreprise applique désormais un supplément de 15 euros sur certains billets déjà achetés, en fonction des cours du kérosène.
« Nous sommes confrontés à une hausse inédite des coûts de carburant, explique-t-on sur leur page client. Pour assurer la viabilité financière de nos opérations, nous avons été contraints d’ajouter cette surtaxe temporaire. »
Ce supplément, bien que modeste comparé à la hausse globale des prix, marque une rupture avec les pratiques habituelles. Jusqu’ici, les frais supplémentaires étaient généralement intégrés avant la vente du billet. Appliquer une taxe après l’achat soulève des questions juridiques et commerciales complexes, notamment en matière de protection du consommateur.
Les avis sont partagés. Certains passagers affirment avoir reçu une facture surprise, tandis que d’autres saluent la transparence. « C’est juste, reconnaît un voyageur à Marseille. On ne peut pas exiger des compagnies qu’elles subventionnent le marché du pétrole. »
L’Europe tremble : risques d’annulations massives
Mais Volotea n’est qu’un pion dans une bataille plus grande. Selon un article alarmant diffusé sur France 24 le 30 avril 2025, l’Union européenne craint une pénurie de kérosène capable de paralyser le trafic aérien continental.
Les principaux raffineries européennes, situées en France, en Allemagne et en Espagne, fonctionnent à plein régime depuis deux ans, sans temps mort pour maintenance. Or, ces installations nécessitent des arrêts planifiés chaque année pour inspection et entretien. Si l’un d’eux tombe en panne ou si un incident technique survient, l’approvisionnement en kérosène pourrait chuter brutalement.
« Sans une augmentation rapide des capacités de stockage et de production, les avions pourraient bien être cloués au sol pendant des semaines », avertit un analyste indépendant du secteur, citée dans le même reportage.
Des scénarios extrêmes sont étudiés par les autorités européennes : restrictions de vol, quotas quotidiens, voire fermeture temporaire des aéroports majeurs comme Paris-Charles-de-Gaulle ou Berlin-Tegel.
Contexte historique : déjà des crises antérieures
Cette crise actuelle n’est pas sans rappeler des moments passés. En 2012, suite à la grève des employés de Total à Feyzin (Rhône), une interruption de 48 heures de la production locale a provoqué des pénuries locales en France. À l’époque, plusieurs compagnies ont dû reporter des vols internationaux.
Plus récemment, en 2022, l’invasion de l’Ukraine a perturbé les approvisionnements en gaz naturel, affectant indirectement les raffineries européennes dépendantes de ce combustible pour produire du kérosène.
Mais ce qui distingue la situation actuelle, c’est la combinaison unique de facteurs : forte demande post-pandémie, faibles stocks stratégiques, et une vulnérabilité accrue des chaînes d’approvisionnement.
Effets immédiats : inflation passagère ou nouveau normal ?
Dans l’immédiat, les conséquences sont déjà visibles. Outre les surtaxes imposées par Volotea, d’autres compagnies low-cost — comme Ryanair ou easyJet — ont annoncé qu’elles étudiaient « toutes options possibles » pour limiter les pertes. Certaines ont même suspendu temporairement des lignes non rentables.
Sur le plan social, cette hausse des coûts se traduit par des tarifs plus élevés pour les vacanciers, les familles et les entreprises dépendant du transport aérien. Le tourisme rural, souvent servi par des compagnies comme Volotea, est particulièrement touché.
Par ailleurs, les syndicats du secteur s’inquiètent pour l’emploi. « Beaucoup de pilotes et d’agents d’étages pourraient être mis à pied si les annulations s’intensifient », a affirmé un représentant du SNAT (Syndicat national des agents territoriaux).
Vers une solution durable ?
Face à cette urgence, plusieurs pistes sont explorées :
- Investissements dans les infrastructures : L’UE envisage un plan d’urgence pour moderniser les réservoirs de stockage de kérosène en Europe.
- Diversification des sources d’approvisionnement : Des discussions ont lieu avec des producteurs hors UE, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
- Subventions temporaires : Des lobbys aéronautiques demandent une aide publique limitée, semblable à