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Le maire de Soisy-sous-Montmorency : une réforme salariale qui fait polémique
Depuis quelques semaines, la commune de Soisy-sous-Montmorency, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, fait couler beaucoup d’eau sous les ponts. Non pas à cause d’un événement dramatique ou tragique, mais bien à cause d’une décision administrative qui a choqué plus d’un : l’augmentation spectaculaire du salaire du maire. À peine élu, Luc Strehaiano a fait voter une hausse de 173 % de son propre salaire. Une mesure qui soulève des questions sur la gestion publique, la transparence et les attentes des citoyens.
Ce geste inédit pourrait être un tournant dans la carrière politique de l’ancien maire de la commune voisine de Montmorency, qui revient au pouvoir après 43 ans dans la majorité. Mais derrière cette décision se cachent aussi des enjeux plus larges concernant la fonction de maire en France, ses rémunérations et sa place dans la société civile.
Un nouveau rôle d’opposant pour Luc Strehaiano
Après avoir dirigé Montmorency pendant près de quatre décennies, Luc Strehaiano a passé la main à son successeur en 2020. Il a alors rejoint le groupe des élus non-inscrits, avant de retrouver le pouvoir en tant que maire de Soisy-sous-Montmorency lors des municipales de 2020. Cette transition marque une rupture avec un passé emblématique, mais aussi une volonté de renouveler l’approche de la fonction publique locale.
Pourtant, si le retour de M. Strehaiano à la tête de la commune est perçu par certains comme un souhait de continuité, son acte récent — la modification de son propre statut salarial — a rapidement été interprété comme une rupture symbolique. En effet, en octobre 2020, moins de deux mois après son élection, il a fait voter une augmentation de 173 % de son salaire, portant celui-ci de 6 500 euros brut mensuels à près de 18 000 euros.
Cette décision, appuyée par l’ensemble du conseil municipal, a suscité un tollé médiatique et social. Pourquoi un nouveau maire, juste arrivé au pouvoir, modifierait-il immédiatement les conditions de rémunération de sa fonction ? Est-ce une question de nécessité administrative, une stratégie politique, ou simplement une erreur de jugement ?
Une hausse salariale exceptionnelle
Selon les rapports officiels publiés par Actu.fr, Orange Actualités et Ouest-France, la modification du barème salarial du maire de Soisy-sous-Montmorency a été adoptée en conseil municipal en septembre-octobre 2020. La raison invoquée était la complexité accrue des missions municipales, notamment en matière de gouvernance, de planification urbaine et de coordination avec les services publics.
Le nouveau barème prévoit que le maire percevra : - 10 000 euros de base, - plus une indemnité liée à la charge de direction (jusqu’à 8 000 euros supplémentaires), - ainsi qu’une prime de responsabilité pour gestion des crise sanitaires ou logistiques.
Mais ce n’est pas tout. Selon les informations, ce barème ne s’applique qu’au maire. Les adjoints municipaux, eux, bénéficient d’un statut salarial distinct et plus modeste.
Cette concentration du pouvoir salarial au profit du maire unique soulève des interrogations constitutionnelles et fiscales. En effet, en France, le salaire du maire est déterminé par le conseil municipal, mais il doit respecter des seuils fixés par la loi. Or, la hausse de 173 % dépasse largement les recommandations habituelles, qui sont généralement comprises entre 5 % et 20 %.

Contexte historique et comparaison nationale
Pour comprendre cette polémique, il faut plonger dans le contexte local et national. Depuis la réforme territoriale de 2014, les communes françaises de plus de 3 500 habitants ont vu leur population croître, augmentant la complexité de leur administration. Dans le Val-d’Oise, comme dans de nombreuses banlieues franciliennes, les mairies doivent faire face à des défis croissants : transports, logement, emploi, et plus récemment, la gestion de la pandémie.
En moyenne, le salaire mensuel bruto d’un maire français est d’environ 1 500 euros. Celui de Soisy-sous-Montmorency, avec 18 000 euros, est donc plus de dix fois supérieur. Ce chiffre inclut les indemnités, les primes et les charges de direction, mais exclut les pensions de retraite.
Comparativement, le maire de Paris, qui gère une ville de 2,1 millions d’habitants, touche environ 12 000 euros nets par mois. À Lyon, c’est autour de 9 000 euros. Ainsi, le salaire de Luc Strehaiano est proche de celui de maires de villes bien plus grandes, ce qui soulève des questions de proportionnalité.
Réactions locales et nationales
Les réactions ont été immédiates. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont exprimé leur indignation, accusant le maire de "s’accaparer" des deniers publics. Des associations de consommateurs et des syndicats de fonctionnaires locaux ont relaté ces faits comme un "exemple flagrant de dérive salariale".
Certains opposants politiques ont même qualifié cette décision de "tromperie électorale", affirmant que le candidat avait promis une gestion rigoureuse et transparente. D'autres, en revanche, ont défendu la mesure, arguant que le maire assume désormais des responsabilités accrues, notamment dans la gestion de la crise sanitaire.
Mais ce qui est sûr, c’est que cette affaire a mis en lumière les tensions entre les représentants élus et la population. En effet, dans une période de crise économique et sociale, où les budgets locaux sont serrés, l’idée qu’un maire puisse augmenter drastiquement son propre salaire à peine élu est difficilement acceptable pour beaucoup.
Implications juridiques et fiscales
La modification du salaire du maire soulève aussi des questions juridiques. En France, le Code général des collectivités territoriales (CGCT) encadre les rémunérations des élus locaux. Bien que le conseil municipal ait la liberté de définir le barème salarial, il doit rester proportionnel aux missions confiées.
Une enquête menée par l’Association des maires de France (AMF) a révélé que moins de 5 % des communes ont modifié leur barème salarial en 2020. Parmi elles, aucune n’a connu une augmentation aussi importante. Cela suggère que Soisy-sous-Montmorency pourrait être un cas isolé, voire aberrant.
De plus, cette hausse pourrait avoir des implications fiscales. En