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Michel Onfray et les controverses autour de ses propos raciaux sur CNews : une polémique qui résonne dans le débat public

Le nom de Michel Onfray évoque souvent l’éclairage, la critique radicale de la tradition philosophique occidentale et un style iconoclaste. Pourtant, en mars 2026, le philosophe est au cœur d’une nouvelle controverse médiatique après avoir été accusé d’avoir exprimé des propos jugés racistes sur le plateau de Face à Michel Onfray, diffusé sur CNews. Cette affaire ne se limite pas à une simple polémique ponctuelle : elle s’inscrit dans un mouvement plus large de condamnation des discours de haine et des tentatives d’animalisation des personnes issues des minorités ethniques.

Depuis plusieurs années, des associations comme MRAP (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour l’amitié entre les peuples) surveillent de près les dérives discursives sur les plateaux d’information grand public. La récente séquence mettant en scène Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et figure emblématique du mouvement La France Insoumise, a déclenché un tollé généralisé. Mais qui est derrière cette polémique ? Qu’est-ce qui a été dit exactement ? Et quelles en sont les conséquences pour le débat public français ?


Une polémique qui commence avec Bally Bagayoko

En mars 2026, durant une émission de CNews intitulée Face à Michel Onfray — présentée par Laurence Ferrari —, le philosophe s’est exprimé sur le nom donné au nouveau porte-avions français : « France Libre ». Dans son analyse, il a qualifié certains citoyens de « tribus primitives », invoquant notamment l’usage du terme « allégeance » comme preuve d’un mode de pensée collectif ancestral.

Cependant, c’est lorsqu’il a utilisé la formule suivante que la tempête a déferlé :

« Il faut arrêter de croire que nous sommes tous égaux, on n’est pas dans une tribu primitive où tout le monde vote pour un même chef… »

Ces mots ont immédiatement été interprétés comme une tentative de comparer les populations issues des quartiers populaires aux groupes animaux ou primitifs, une forme de discours classique de l’essentialisation raciale. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a rapidement réagi, affirmant que ces propos constituaient une violence symbolique et une instrumentalisation politique.

Dans un communiqué publié le 30 mars 2026, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a déclaré être « profondément choqué » par ces propos et a salué la détermination de Bagayoko à porter plainte. Selon lui, « il est inacceptable qu’un homme d’État ait à endurer ce genre de discours dégradants ».


Les plaintes officielles et les réactions institutionnelles

Suite à cette polémique, plusieurs voix se sont joints à celle de Bagayoko. L’association MRAP a confirmé avoir reçu une plainte formelle contre CNews, et en particulier contre Michel Onfray, pour incitation au racisme et diffamation raciale.

Selon France Info, l’organisation souligne que « tenir des propos visant à comparer les humains à des animaux ou à insister sur leur appartenance « tribale » relève d’une longue tradition raciste visant à marginaliser et dénigrer certaines communautés ». Cette approche, ajoute-t-on, « instrumentalise la culture et les origines ethniques pour discréditer des individus dans leur fonction publique ».

De son côté, Mediapart a analysé la situation dans un article intitulé « Grâce à CNews, le racisme a encore de beaux jours devant lui », où il est question d’un climat médiatique où « les frontières entre argumentation intellectuelle et discours xénophobe deviennent floues ».


Contexte historique : l’héritage dangereux de l’anthropomorphisme raciste

Pour comprendre pleinement la gravité de ces propos, il convient de replonger dans une tradition intellectuelle ancienne mais toujours vivace : celle de l’animalisation des populations minorisées.

Durant l’histoire coloniale, des scientifiques europains ont systématiquement utilisé des arguments pseudoscientifiques pour justifier l’exploitation, voire l’asservissement, des peuples autochtones ou africains. En effet, qualifier certains groupes humains de « sauvages », « primitifs » ou de « singes » servait à les désigner comme inférieurs, incapables de raisonnement propre, voire dangereux.

Ce type de langage persiste aujourd’hui sous forme plus subtile, mais non moins dangereuse. Par exemple, l’expression « tribalisme », souvent utilisée sans nuances, peut conduire à stigmatiser des comportements sociaux ou politiques liés à des identités collectives — comme celles des quartiers prioritaires, majoritairement habités par des populations d’origine maghrébine ou africaine.

Michel Onfray, bien qu’engagé sur plusieurs fronts idéologiques (anticléricalisme, critiques du capitalisme, etc.), n’a pas échappé à cette dynamique. Son style provocateur, souvent perçu comme « anti-establishment », peut parfois franchir la ligne entre critique sociale légitime et discours de déshumanisation implicite.


Les réactions contradictoires : soutien et condamnation

La polémique a divisé l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont manifesté leur solidarité avec Bagayoko, tandis que d’autres ont défendu Onfray en affirmant que ses propos avaient été mal compris ou détournés.

En effet, Onfray a rapidement cherché à se démarquer de cette interprétation. Dans une interview accordée à Europe 1 le 28 mars 2026, il a expliqué :

« Je ne voulais pas comparer M. Bagayoko à un animal. J’ai parlé de « tribalisme » dans un sens sociologique, pour critiquer l’absence de rationalité politique chez certains partis. Mais je reconnais que mon formulation était maladroite et a pu blesser. »

Néanmoins, cette excuse n’a pas suffi à apaiser toutes les tensions. Des figures de la gauche comme Jean-Luc Mélenchon ont estimé que « même si l’intention n’était pas de faire du racisme, l’effet est le même ». D’autres philosophes, comme Bernard Stiegler, ont ajouté que « dans un contexte marqué par l’islamophobie et le racisme structurel, chaque mot compte ».


Impact sur le paysage médiatique et politique

Cette affaire a eu des répercussions immédiates sur la chaîne CNews, dont la réputation de neutralité journalistique a été mise à rude épreuve. Plusieurs responsables politiques ont appelé à une réflexion sur la place des commentateurs publics dans les émissions d’actualité. Certains parlent même d’un danger pour la liberté d’expression, tandis que d’autres y voient une opportunité pour renforcer les règles de déontologie médiatique.

Par ailleurs, la plainte déposée par Bally Bagayoko pourrait avoir des conséquences juridiques

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