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Rima Abdul-Malak : entre France et Liban, une voix engagée au cœur des crises
Depuis le début de l’été 2024, la figure de Rima Abdul-Malak, ancienne ministre française de la Culture (2022-2024), retient l’attention non seulement pour ses engagements culturels passés, mais aussi pour son rôle actuel en tant que directrice du journal libanais L’Orient-Le Jour. Son parcours franco-libanais, marqué par des responsabilités publiques à Paris puis un retour délibéré sur place, s’inscrit dans une dynamique plus large de solidarité internationale face aux conflits régionaux. En pleine guerre entre Israël et Hezbollah au Liban, cette transition professionnelle soulève autant d’interrogations sur les missions médiatiques qu’elle incarne que sur l’impact symbolique de sa présence dans un pays ravagé par les bombardements.
Une trajectoire politique et culturelle remarquable
Née en 1983 à Beyrouth, Rima Abdul-Malak grandit entre deux cultures avant de s’installer en France pour étudier. Diplômée d’un master en relations internationales à Sciences Po Paris, elle devient rapidement militante associative, notamment dans les domaines de la jeunesse et des minorités. Son engagement conduit à un passage au ministère de l’Éducation nationale avant son nomination, en juillet 2022, comme ministre de la Culture sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Sous sa direction, le ministère lance des initiatives inédites visant à promouvoir la diversité culturelle et linguistique, notamment via des programmes destinés aux communautés migrantes ou aux langues régionales. Elle milite également activement contre les discriminations et plaide pour un accès équitable aux arts pour tous les publics. Cette approche humaniste lui vaut une reconnaissance internationale, notamment au travers de ses interventions lors des forums culturels mondiaux.

« La culture n’est pas un luxe. C’est un droit fondamental, comme l’éducation ou la santé. »
— Rima Abdul-Malak, interview accordée à Le Monde, mars 2023
En 2024, après deux ans à la tête du ministère, elle démissionne volontairement pour revenir au Liban. Ce choix ne surprend pas : selon plusieurs sources proches de sa personnalité, elle souhaitait « reprendre conscience de ses racines » et « agir là où cela compte vraiment ». Elle accepte alors le poste de directrice générale du groupe L’Orient-Le Jour, l’un des journaux francophones les plus influents du Moyen-Orient, fondé en 1926.
Le moment crucial : guerre et information au Liban
À son arrivée en octobre 2024, Rima Abdul-Malak découvre un pays profondément secoué. Depuis le mois de septembre, les combats entre Israël et le Hezbollah ont intensifié, entraînant des centaines de morts, des milliers de blessés et une crise humanitaire sans précédent. Les infrastructures civiles sont endommagées, les familles fuient les villes, et l’accès à l’information devient critique.
C’est dans ce contexte que son rôle prend tout son sens. Selon une source proche du quotidien, L’Orient-Le Jour a été l’un des rares médias indépendants à continuer de diffuser des reportages sur le terrain, malgré les risques liés à la censure ou à la surveillance. Rima Abdul-Malak insiste sur la nécessité d’une presse libre : « Dans les moments de crise, l’information véridique est la meilleure arme contre la peur et la propagande. »
Son discours résonne particulièrement fort en France, où elle est régulièrement sollicitée pour commenter la situation. Dans une interview accordée à TF1+ en février 2025, elle affirme : « On me demande toujours : "Et la France ?" Mais la France est le pays qui fait le plus pour le Liban, même si ce n’est pas toujours visible. »
Quelques chiffres clés de la crise libanaise
| Indicateur | Valeur (juin 2025) |
|---|---|
| Nombre de décès civils | 1 247 (ONU) |
| Familles déplacées internement | Plus de 450 000 |
| Centres de santé endommagés | 68% |
| Journalistes tués ou menacés | 12 (CPJ) |
Source : Rapports conjoints ONU-HCR, Comité de protection des journalistes (CPJ)
L’importance stratégique de L’Orient-Le Jour
Fondé pendant l’occupation française du Liban (1920-1943), L’Orient-Le Jour incarne depuis plus d’un siècle une voix indépendante et pluraliste dans un pays où la liberté de la presse est constamment mise à l’épreuve. Avec une audience estimée à plus de 2 millions de lecteurs par mois (selon l’audit Mediapost), le journal couvre les questions locales, régionales et internationales avec une rigueur rare.
La prise de fonction de Rima Abdul-Malak intervient donc au moment même où le journal doit relever plusieurs défis majeurs :
- Maintenir l’indépendance face aux pressions politiques internes et externes.
- Adapter sa production numérique pour toucher les jeunes générations, souvent plus connectées via les réseaux sociaux que les grands journaux imprimés.
- Renforcer la coopération avec des partenaires européens pour financer des projets d’information factuelle, notamment dans les zones affectées par les conflits.
Selon un rapport de l’Institut Montaigne daté de mai 2025, « la présence d’une figure internationale comme Rima Abdul-Malak au pouvoir à L’Orient-Le Jour pourrait renforcer la crédibilité du journal dans les cercles diplomatiques occidentaux, tout en limitant les soupçons d’instrumentalisation politique ».
Réactions et controverses
Bien que largement saluée pour son courage, la nomination de Rima Abdul-Malak n’a pas été exempte de critiques. Certains observateurs français, soucieux de préserver l’image impartiale du ministère de la Culture, ont exprimé des inquiétudes quant à une possible connotation politique excessive. D’autres, en revanche, louent sa capacité à « traduire l’engagement français vers le Sud ».
Au Liban, sa présence suscite aussi des réactions mitigées. Parmi les jeunes journalistes, beaucoup la considèrent comme une opportunité historique ; pour d’autres, elle représente encore une certaine idée de la France — trop centrée sur l’Occident, trop éloignée du réel du terrain.
Pourtant, malgré ces nuances, il est indéniable que sa double appartenance culturelle lui confère un atout unique. Comme elle l’expliquait dans un entretien à Paris Match en janvier 2025 : « Je ne suis ni purement française, ni purement libanaise. Je suis une femme qui croit à l’interculturalité comme force constructive. »
Vers un avenir incertain mais porteur
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