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Ghada Hatem-Gantzer : l’engagement humaniste d’une gynécologue au cœur de la lutte contre les violences
Paris – Dans un contexte marqué par une montée des inégalités sociales et une recrudescence des violences faites aux femmes, Ghada Hatem-Gantzer incarne un modèle de résilience et d’engagement. La Dr Hatem-Gantzer, gynécologue obstétricienne, a suivi une trajectoire atypique qui mêle science, solidarité internationale et militantisme social. Ses actions, reconnues par plusieurs médias nationaux et internationaux, ont contribué à faire évoluer les politiques publiques françaises dans le domaine de la protection des victimes de violences conjugales.
Une voix singulière dans le champ médical
Ghada Hatem-Gantzer est née en 1978 au Liban, où elle a commencé sa formation médicale avant de s’installer en France en 2003. Diplômée de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, elle obtient son diplôme d’études supérieures en gynécologie-obstétrique à Paris Descartes. Son parcours professionnel ne se limite pas aux consultations habituelles : elle travaille depuis plus de vingt ans dans des centres spécialisés en violence conjugale, notamment à Paris et dans le sud de la France.
Dans un entretien accordé au Le Monde en mars 2026, Ghada Hatem-Gantzer décrit sa pratique comme étant guidée par une conviction profondément ancrée : « J’ai su très tôt que la vie ne tenait qu’à un fil ». Cette phrase, révélatrice de sa vision fragile mais optimiste du monde, souligne sa capacité à rester vigilante face aux signes précurseurs de danger. Elle ajoute : « En tant que soignante, je ne suis pas seulement là pour accoucher ou traiter des maladies. Je suis aussi là pour repérer les silences, comprendre les non-dits, et agir. »
Cette approche humaniste lui a valu une reconnaissance croissante au sein des institutions sanitaires françaises. Elle participe activement à des formations continues destinées aux professionnels de santé sur la détection précoce des violences domestiques et sur la manière d’accompagner les patientes sans jugement ni hâte.
Un modèle qui essaime en France
La Maison des Femmes, structure fondée par Ghada Hatem-Gantzer en 2014 à Marseille, est devenue rapidement un référent national dans la prise en charge des femmes victimes de violences. Située dans le centre-ville, cette maison propose un accueil sécurisé, des conseils juridiques, psychologiques et médicaux, ainsi qu’un accompagnement vers l’insertion sociale.
Selon un article du France 24 daté du 2 mars 2026, ce modèle innovant a inspiré plusieurs initiatives similaires dans d’autres villes françaises, notamment à Lyon, Nice et Strasbourg. « Ce qui rend la Maison des Femmes unique, c’est sa posture holistique », explique-t-on au journal. « Non seulement on protège la victime, mais on lui redonne confiance, autonomie et espoir. »
En 2025, le ministère de la Justice a officialisé un partenariat avec l’association, permettant une meilleure coordination entre les services de police, judiciaires et sociaux. Depuis, chaque année, plus de 1 200 femmes sont hébergées dans ces structures inspirées du modèle Hatem-Gantzer.
Image : Une journée typique à la Maison des Femmes de Marseille, où chaque patiente reçoit un suivi personnalisé.
Les Soroptimist au service de la projection culturelle
Au-delà de ses activités cliniques, Ghada Hatem-Gantzer collabore avec des associations comme les Soroptimist International, un réseau féministe international composé majoritairement de femmes engagées. Ces dernières ont organisé, en mars 2026, une projection du film documentaire La maison des femmes, réalisé par Claire Dubois, au Capitole de Toulouse. L’objectif était double : sensibiliser le grand public et lever des fonds pour financer de nouveaux logements de transition.
« Le cinéma est un puissant levier de changement social », déclare Nadine Leroux, membre du comité local des Soroptimist. « Ce film raconte une histoire vraie, mais universelle. Il touche les consciences là où les statistiques restent abstraites. »
Ce type de collaboration inter-associative illustre bien comment les acteurs locaux, qu’ils soient médecins, militants ou citoyens ordinaires, peuvent converger vers un même objectif : rompre le silence autour des violences faites aux femmes.
Contexte historique : une lutte longtemps occultée
Les violences conjugales constituent un fléau ancien, mais leur reconnaissance officielle comme problème majeur de santé publique date relativement récemment. En France, il aura fallu attendre les années 1990 pour voir naître les premières lignes d’urgence nationales (la 17). Aujourd’hui, selon l’Observatoire national de la violence envers les femmes (ONV), environ 1 femme sur 5 a été victime d’au moins une forme de violence physique ou sexuelle par un conjoint ou partenaire intime au cours de sa vie.
Pourtant, nombreuses restent encore les femmes qui ne viennent pas chercher de l’aide, craignant la stigmatisation, la rupture familiale ou la menace de leur agresseur. C’est ici que joue un rôle crucial les soignants, souvent les premiers à repérer les traces invisibles du mal-être.
Ghada Hatem-Gantzer insiste sur cette responsabilité partagée : « Les médecins ne sont pas des détectives privés. Mais nous avons un devoir éthique : ne rien ignorer, ne rien minimiser. »
Impact immédiat : transformation des pratiques médicales
Depuis l’intégration du modèle de la Maison des Femmes dans le système public, plusieurs évolutions concrètes se sont produites :
- Formation obligatoire : Tous les étudiants en médecine doivent suivre une module de sensibilisation aux violences domestiques.
- Protocoles standardisés : Les hôpitaux publics disposent désormais de grilles de passage claires pour les cas suspects.
- Réseau de coordination : Des points de contact départementaux permettent une liaison fluide entre les urgences, les tribunaux et les associations locales.
Ces mesures ont permis une amélioration significative des taux de signalement et une diminution notable du temps moyen entre l’incident et l’accès à un abri sécurisé.
Selon un rapport interne du Ministère des Solidarités et de la Santé (janvier 2026), 78 % des patientes ayant utilisé le service de la Maison des Femmes ont déclaré avoir ressenti un sentiment accru de sécurité trois mois après leur admission.
Perspectives futures : défis et opportunités
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent. La pénurie de places dans les refuges demeure critique, surtout en période hivernale. De plus, certaines zones rurales restent mal desservies, ce qui pousse