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Stellantis : la deuxième plus lourde perte de l’histoire d’un groupe français
En 2025, le constructeur automobile Stellantis a enregistré une perte nette record de 22,3 milliards d’euros, selon les comptes officiels publiés jeudi 26 février. C’est la deuxième plus importante perte annuelle jamais constatée par un groupe français, seulement dépassée par celle du secteur bancaire en 2011. Ce chiffre colossal reflète non seulement une crise opérationnelle profonde, mais aussi les turbulences structurelles traversées par l’un des géants mondiaux de l’automobile après sa fusion historique entre PSA et FCA en 2021.
Une perte historique marquée par des charges exceptionnelles
Selon Le Figaro, les causes principales de cette très mauvaise performance résident dans des charges exceptionnelles s'élevant à 25,4 milliards d'euros. Ces provisions financières, liées à un « reset » stratégique radical initié sous la direction de Carlos Tavares, visent à repenser l’ensemble de l’organisation du groupe autour d’une transition vers l’électrification, une réorientation coûteuse mais jugée impérative face à la montée en puissance des concurrents asiatiques et à la baisse des ventes.
Malgré cette catastrophe comptable, il est crucial de nuancer : le chiffre d'affaires global de Stellantis a connu un rebond significatif au cours du deuxième semestre 2025, avec une hausse notable des marges dans certains segments. Cependant, cela ne suffit pas à compenser les pertes cumulées sur l’année entière.
Les Echos souligne que cette pire année de l’histoire de Stellantis s’inscrit dans un contexte de résistance aux véhicules électriques (VE). Les ventes de VE ont été décevantes, notamment aux États-Unis et en Europe du Sud, où les modèles hybrides rechargeables (PHEV) ont mieux performé que prévu, tandis que les batteries lithium-ion restent trop coûteuses pour être largement adoptées.
« On n’a pas encore touché le fond : il demeure, chez Stellantis, un problème de produits à régler et une stratégie commerciale à éclaircir », a commenté un analyste senior du secteur.
Contexte : la fin d’une ère et le poids d’une transformation
Créé en janvier 2021 par la fusion entre Peugeot (PSA) et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Stellantis est devenu le quatrième constructeur mondial en volume, avec une présence forte en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine. Son siège social se trouve aux Pays-Bas, bien que ses racines soient profondément européennes.
Sous la direction de Carlos Tavares — figure emblématique du management rigoureux et axé sur la rentabilité —, le groupe avait promis une synergie immédiate grâce à des plateformes communes, des économies d’échelle massives et une refonte des lignes de production. Mais ces ambitions se sont heurtées à des réalités complexes :
- Risque de surproduction dans les usines européennes,
- Retard dans l’électrification comparé à Toyota ou Hyundai-Kia,
- Concurrence accrue de Tesla, Volkswagen et les nouveaux arrivants chinois,
- Incertitude politique autour des aides publiques à la transition verte.
L’année 2025 est donc marquée par la mise en œuvre forcée d’un plan radical baptisé « Powering the New», qui prévoit la suppression de plusieurs modèles traditionnels thermiques, la fermeture anticipée de certaines usines (notamment en Italie et en France), et un recrutement massif dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la mobilité durable.
Chronologie des événements clés en 2025
| Date | Événement |
|---|---|
| Janvier 2025 | Annonce par Stellantis d’un plan de restructuration impliquant 10 000 postes potentiels |
| Mars 2025 | Retrait progressif des investissements dans les véhicules essence et diesel |
| Juin 2025 | Premières fermetures d’usines en Italie (Melfi, Mirafiori) |
| Septembre 2025 | Lancement limité des premiers VE basés sur la nouvelle plateforme STLA Large |
| Novembre 2025 | Baisse continue des ventes en Europe (+18 % de croissance annoncée initialement, contre -7 % finalement) |
| 26 février 2026 | Publication des comptes 2025 : perte nette de 22,3 milliards d’euros |
Conséquences immédiates : marché, syndicats, investisseurs
La publication de ce chiffre a eu un impact brutal sur les marchés financiers. La capitalisation boursière de Stellantis a chuté de près de 15 % en une seule session, portant la valorisation du groupe à son plus bas niveau depuis 2019.
Les syndicats automobiles — notamment FO et CFDT — ont dénoncé « une stratégie suicidaire » et menacé de mobilisations massives. En France, où Stellantis emploie plus de 100 000 personnes directement ou indirectement, l’annonce de fermetures a provoqué des tensions diplomatiques avec l’Élysée, qui cherche à préserver l’emploi dans un contexte électorale.
Sur le plan réglementaire, Bruxelles a interpellé le groupe pour évaluation de sa conformité aux objectifs climatiques de l’UE. En effet, malgré les efforts, Stellantis a manqué de peu l’objectif fixé par la Commission européenne : réduire de 55 % les émissions moyennes de CO₂ des véhicules vendus en Europe d’ici 2030.
Vers un avenir incertain ?
Face à cette crise sans précédent, plusieurs scénarios se dessinent :
1. Accélération de la transformation
Carlos Tavares et son équipe insistent sur le fait que cette perte est nécessaire à long terme. Le « reset » vise à recentrer l’entreprise sur des technologies rentables (comme les PHEV), à réduire les coûts fixes et à gagner en agilité face aux innovations numériques.
2. Rachat possible ?
Certains observateurs soupçonnent que l’arrivée d’un partenaire stratégique — comme Renault, BMW ou même une entreprise chinoise — pourrait stabiliser le périmètre de Stellantis. Cependant, de telles transactions rencontrent des obstacles politiques (notamment en Allemagne et en Italie).
3. Déclin progressif ?
Si la situation persiste, on ne peut exclure que Stellantis perde progressivement sa place de leader européen pour devenir un acteur secondaire, surtout si les concurrents asiatiques continuent leur avancée rapide en matière de batterie et d’autonomie.
Conclusion : une crise de paradigme
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