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- · Orange · Un assistant parlementaire du RN a été mis à pied aprÚs une publication appelant au décÚs de Sophia Chikirou et Rima Hassan
- · Le ProgrĂšs · Ain. Tweets souhaitant la mort dâĂ©lus de gauche : un collaborateur du dĂ©putĂ© Rassemblement national JĂ©rĂŽme Buisson mis Ă pied
- · Le Parisien · Un collaborateur du RN Ă lâAssemblĂ©e, qui « rĂȘve » des « dĂ©cĂšs » de Sophia Chikirou et Rima Hassan, mis Ă pied
Un collaborateur du RN mis à pied aprÚs avoir souhaité la mort de Sophia Chikirou et Rima Hassan
PubliĂ© le 15 fĂ©vrier 2026 â Mis Ă jour le 15 fĂ©vrier 2026
Une affaire qui fait rĂ©agir : un tweet choquant entraĂźne la suspension dâun assistant parlementaire au sein du Rassemblement national.
Dans une scĂšne rare dans le monde politique français, un collaborateur du Rassemblement national (RN) a Ă©tĂ© officiellement mis Ă pied aprĂšs avoir publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux des propos appelant au dĂ©cĂšs de deux figures publiques de gauche : Sophia Chikirou, Ă©conomiste et militante engagĂ©e, et Rima Hassan, journaliste et prĂ©sentatrice de tĂ©lĂ©vision. Cet incident, relayĂ© par plusieurs mĂ©dias fiables, soulĂšve des questions cruciales sur les limites du discours en ligne, la responsabilitĂ© des assistants parlementaires et la montĂ©e des tensions idĂ©ologiques dans lâespace public.
La chronologie dâune crise mĂ©diatique
Le drame a Ă©clatĂ© en pleine semaine de campagne Ă©lectorale, alors que le RN tentait de recentrer son image aprĂšs plusieurs mois marquĂ©s par des controverses. Le 14 fĂ©vrier 2026, une publication postĂ©e sur X (anciennement Twitter) par un compte utilisĂ© par un collaborateur du dĂ©putĂ© national JĂ©rĂŽme Buisson a immĂ©diatement attirĂ© lâattention.
La photo montrait une femme, identifiĂ©e comme Sophia Chikirou, avec un texte accompagnant : « Je rĂȘve dâun dĂ©cĂšs ». Lâimage Ă©tait suivie dâune seconde photo de Rima Hassan, avec la mĂȘme phrase insistante. Ces messages ont rapidement circulĂ©, provoquant une vive indignation chez les internautes et les mĂ©dias.
Selon Le Parisien, le collaborateur concernĂ© â dont le nom nâa pas encore Ă©tĂ© officiellement divulguĂ© â a Ă©tĂ© suspendu de ses fonctions Ă lâAssemblĂ©e nationale. Dans un communiquĂ©, le bureau de M. Buisson a affirmĂ© avoir « mis fin immĂ©diatement Ă tout lien professionnel avec ce collaborateur » et a dĂ©noncĂ© « des propos honteux et inacceptables ».
Orange.fr, quant Ă lui, a confirmĂ© que le compte a Ă©tĂ© supprimĂ© et que lâenquĂȘte interne menĂ©e par le RN avait abouti Ă la sanction disciplinaire. « Nous condamnons sans ambiguĂŻtĂ© ces propos racistes et violentes », a indiquĂ© un porte-parole du parti dans un communiquĂ© transmis Ă Actu.
Qui sont Sophia Chikirou et Rima Hassan ?
Pour comprendre lâampleur de cette affaire, il est essentiel de connaĂźtre les victimes.
Sophia Chikirou est une Ă©conomiste française spĂ©cialisĂ©e dans les questions migratoires, lâintĂ©gration sociale et les politiques publiques. DiplĂŽmĂ©e de Sciences Po et de lâĂcole des hautes Ă©tudes en sciences sociales (EHESS), elle est Ă©galement cofondatrice du collectif anti-raciste « Les EnfoirĂ©s ». Depuis plusieurs annĂ©es, elle milite activement contre les discriminations et participe rĂ©guliĂšrement aux dĂ©bats tĂ©lĂ©visĂ©s sur les sujets sensibles liĂ©s Ă la diversitĂ© et Ă lâĂ©galitĂ© des chances.
Rima Hassan, quant Ă elle, est une journaliste tunisienne naturalisĂ©e française, rĂ©sidant depuis plus de quinze ans dans le pays. Elle travaille actuellement pour France 2 en tant que prĂ©sentatrice dâĂ©missions dâinformation et de documentaires humanistes. RĂ©putĂ©e pour sa rigueur et son impartialitĂ©, elle aborde frĂ©quemment les thĂšmes de la migration, des droits humains et des sociĂ©tĂ©s multiculturelles.
Les deux femmes ont Ă©tĂ© ciblĂ©es non seulement pour leur position intellectuelle, mais aussi pour leur origine ethnique et leur engagement pro-diversitĂ©. Leur visibilitĂ© accrue ces derniers mois, notamment autour du dĂ©bat sur la loi sĂ©curitaire et les mesures migratoires, en a fait des cibles privilĂ©giĂ©es pour certains courants de lâextrĂȘme droite.
Contexte : un climat tendu dans la sphĂšre politique
Cette affaire ne survient pas dans le vide. Au fil des mois, le RN et ses alliés ont multiplié les interventions verbales ouvertes contre des personnalités jugées « hostiles » à ses positions. Des commentaires stigmatisants ont fleuri sur les réseaux sociaux, notamment envers des journalistes, des universitaires et des militant·es associatif·ves.
Mais ce cas reste particulier car il touche directement un collaborateur officiel du parti au pouvoir lĂ©gislatif. Selon Le ProgrĂšs, cette suspension constitue « la premiĂšre fois quâun collaborateur du RN est licenciĂ© aprĂšs une publication explicite appelant Ă la mort de personnes vivantes ». Autrefois, les sanctions Ă©taient rares, voire inexistantes face Ă des propos incendiaires.
Ce geste semble donc symbolique : le RN cherche Ă couper court aux accusations de normalisation du discours de haine, surtout alors quâil prĂ©pare des Ă©lections locales importantes. Toutefois, pour beaucoup dâobservateurs, il sâagit trop tard, trop peu.
Réactions : indignation généralisée
Lâannonce de la suspension a suscitĂ© un large Ă©cho. Sur X, des milliers de comptes ont exprimĂ© leur soutien Ă Sophia Chikirou et Rima Hassan. Des associations comme SOS Racisme, Ensemble contre la haine en ligne et la FĂ©dĂ©ration internationale contre le racisme ont publiĂ© des communiquĂ©s condamnant « une tentative de dĂ©stabilisation de la dĂ©mocratie par le discours violent ».
Dans un entretien accordĂ© Ă LibĂ©ration, Rima Hassan a expliquĂ© : « Ce nâest pas la premiĂšre fois que je reçois des menaces. Mais ce type de propos, diffusĂ©s depuis un compte liĂ© Ă un parlementaire, change la donne. Cela montre que certaines voix ne sont pas seulement ignorĂ©es, elles sont encouragĂ©es. »
Quant Ă Sophia Chikirou, elle a tenu un langage plus sobre mais ferme : « On ne peut plus tolĂ©rer que des personnes occupant des postes de responsabilitĂ© soient entourĂ©es de collaborateurs qui pensent librement Ă nos morts. Câest intolĂ©rable. »
Implications juridiques et institutionnelles
Bien que rien nâindique que le collaborateur ait Ă©tĂ© poursuivi pĂ©nalement (les appels Ă la violence ne sont punissables que si ils sont clairs, inconditionnels et immĂ©diats), lâaffaire ouvre la voie Ă des discussions sur la responsabilitĂ© des assistants parlementaires.
En effet, selon le Code de dĂ©ontologie du SĂ©nat et de lâAssemblĂ©e nationale, les collaborateurs doivent respecter les principes de dignitĂ©, de tolĂ©rance et de non-discrimination. Tout propos contraire Ă ces valeurs peut donner lieu Ă des sanctions disciplinaires, mĂȘme si la publication a lieu sur un canal privĂ©.
Un juriste anonyme interrogé par Le Monde a expliqué : « Le problÚme est que les assistants ne sont pas toujours sous contrat explicite. Il faut clarifier leurs obligations morales et techniques, surtout en matiÚre de réseaux sociaux. »
Vers un futur plus sûr ?
Face Ă cette affaire, plusieurs pistes apparaissent :
- Renforcer la formation des collaborateurs sur lâusage responsable des rĂ©seaux sociaux.
- Clarifier le statut juridique des assistants parlementaires en matiÚre de surveillance numérique.
- Encadrer davantage le discours politique sur les plateformes, notamment via des