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Dakar 2026 : Le face-à-face Loeb vs Al-Attiyah s'invite dans le désert marocain
Le Rallye Dakar 2026 a entamé sa phase décisive. Alors que le marathon saharien touche à sa fin, la bataille pour la victoire suprême s'est cristallisée autour de deux monstres sacrés du rallye-raid : Nasser Al-Attiyah et Sébastien Loeb. Le neuvième étape, marquée par une spéciale chronométrée de 459 kilomètres autour de Merzouga, a offert un nouveau chapitre haletant de cette confrontation historique.
Le retour de la "Loeb Machine" face au commando d'Al-Attiyah
Mercredi 9 janvier 2026, la compétition a repris ses droits après une journée de repos. La mise en route ne s'est pas faite dans la douceur. Pour les équipages, l'objectif était de sécuriser sa position tout en attaquant les faiblesses des adversaires. Le rythme a été soutenu dès les premiers kilomètres de la spéciale reliant Ha'il à Sakaka, mais c'est sur le terrain technique et rapide des dunes que la physionomie du classement Dakar s'est redessinée.
Selon les rapportages d'Eurosport, Nasser Al-Attiyah (Dacia Sandrider) a réussi une opération tactique redoutable. Le Qatari, qui vise un cinquième titre sur le prestigieux rallye, a pris le commandement de l'étape, signant le scratch de la journée et conférant une avance confortable à son équipe. Cependant, la performance la plus remarquée est celle de Sébastien Loeb. Le Français, qui a longtemps subi les assauts des Toyota puis de la Dacia, a démontré qu'il conservait intactes ses qualités de "faiseur de temps".
En terminant l'étape à la deuxième place, Loeb a non seulement relancé le suspense pour la victoire finale, mais il a surtout proussé que la Dacia Sandrider possède le rythme nécessaire pour rivaliser avec les Yaris GR du Team Toyota Hino. Ce retour en force marque un tournant psychologique majeur. Alors que certains observateurs commençaient à l'enterrer, le champion du monde de rallye a répondu sur le sable, confirmant que le classement général reste ouvert, malgré l'avance temporaire d'Al-Attiyah.
Chronologie d'une étape charnière
La journée du 9 janvier a été riche en enseignements. Voici les faits marquants, basés sur les comptes-rendus officiels de L'Équipe et de la République des Pyrénées :
- Le départ d'Ha'il : L'étape comprenait un liaison de plus de 400 km avant d'attaquer le "Super Spécial" chronométré. La fatigue accumulée sur les étapes précédentes (notamment l'étape marathon) commence à peser sur la mécanique et les pilotes.
- La prise de pouvoir d'Al-Attiyah : Profitant d'une position favorable sur la piste, Nasser Al-Attiyah a géré son avance tout en poussant sur la fin de l'étape pour sécuriser le scratch. Il a déclaré à Eurosport : "Nous avons fait un travail propre. La voiture tient bien le coup, nous restons concentrés sur notre objectif."
- L'attaque de Loeb : Pour Loeb, cette étape était une nécessité absolu. Il ne pouvait pas se permettre de laisser filer Al-Attiyah sans réagir. Son rythme soutenu lui a permis de grignoter quelques minutes, bien que le classement par équipe reste favorable aux Dacia.
Par ailleurs, le quotidien régional a mis en lumière la performance des équipages privés. Les Pyrénées mentionnent les efforts de Varawia et Cazalet, qui continuent de viser "plus haut". Cette mention est importante car elle rappelle que le Dakar ne se joue pas uniquement au sommet. La lutte pour les places d'honneur et la victoire de catégorie (notamment en catégorie Challenger) est tout aussi féroce. Si les noms de Varawia et Cazalet ne figurent pas encore sur le podium provisoire du général, leur progression constante démontre la solidité des équipes privées françaises en 2026.
Contexte : Une rivalité qui transcende les années
Pour comprendre la portée de cet événement actuel, il faut se replonger dans l'histoire récente du Dakar. La rivalité entre Sébastien Loeb et Nasser Al-Attiyah est devenue la colonne vertébrale du spectacle depuis une dizaine d'années.
Al-Attiyah est un pur produit du désert. Sa maîtrise des dunes et sa capacité à lire le terrain sont légendaires. Il a construit sa réputation sur une agressivité calculée et une fiabilité exemplaire, d'abord avec Mini, puis avec Toyota, et maintenant avec Dacia. Son installation chez Dacia pour cette saison 2026 a été le grand chamboulement du mercato. Beaucoup voyaient ce transfert comme le coup de grâce pour les ambitions de Loeb.
De l'autre côté, Loeb incarne la recherche de la perfection technique. S'il a perdu des plumes sur les terrains trop sableux par le passé, il a travaillé sans relâche sa technique de conduite en rallye-raid. L'arrivée chez Dacia, aux côtés d'Al-Attiyah, a créé une équipe "rêve" qui cache en réalité une tension interne intense. Chaque étape est l'occasion de voir qui des deux est le plus à l'aise avec la nouvelle Sandrider. Le fait qu'ils soient maintenant 1er et 2ème au classement général montre que Dacia aopté une stratégie de force brute : mettre ses deux as en position de battre les Toyota, quitte à ce qu'ils se fassent la guerre entre eux.
L'impact sociétal et économique de cette rivalité est considérable. Pour la France, Loeb reste une icône nationale, le symbole d'une domination technique et mentale sur le sport automobile mondial. Pour le Qatar et le monde arabe, Al-Attiyah est un héros national qui promeut l'image de son pays à travers le sport. Le Dakar 2026 devient ainsi un champ de bataille géopolitique implicite, où s'affrontent deux cultures du sport automobile.
Immédiateté : Les implications du classement actuel
L'étape de mercredi a des conséquences directes sur le reste de la course. En prenant la tête de l'étape, Al-Attiyah a non seulement gagné du temps, mais il a surtout imposé une pression psychologique sur Loeb.
- La gestion du risque : Aujourd'hui, Al-Attiyah peut se contenter de suivre. Il n'a plus besoin de pousser à 100% pour gagner du temps. Il peut gérer son avance, surveiller les chronos de Loeb et éviter les erreurs. C'est une position confortable, souvent synonyme de victoire finale au Dakar.
- La "Time Card" de Loeb : Pour Sébastien Loeb, la stratégie doit changer. Il ne peut plus espérer qu'Al-Attiyah fasse une erreur majeure. Il doit attaquer, reprendre des minutes, mais sans prendre le moindre risque d'accrochage ou de casse mécanique. C'est l'équilibre impossible du Dakar. La catégorie "Challenger" (qui fait aussi parler d'elle avec Varaw