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Thomas Coville et Sodebo Ultim 3 : Une Performance Historique et un Tour du Monde à la Voile Inédit
BREST – L’exploit est monumental. Thomas Coville, le navigateur breton chevronné, et son équipage viennent d’écrire une page absolument inoubliable dans l’histoire de la course au large. À bord du trimaran géant Sodebo Ultim 3, ils ont pulvérisé le record absolu du tour du monde à la voile, réalisant l’incroyable performance de boucler le tour en 40 jours, 10 heures et 45 minutes.
Ce dimanche matin, l’attente s’est achevée pour les supporters rassemblés sur les quais de Brest. Le retour à la base n’est pas seulement un retour à la maison après une longue épreuve ; c’est l’aboutissement d’une aventure humaine et technique de plusieurs mois. Mais avant de lever les verres pour fêter cette victoire, l’équipage a dû abattre un travail titanesque en haute mer.
L’Exploit : Un Chronomètre Impitoyable
Le récit de cette circumnavigation commence par un chiffre qui laisse sans voix : 40 jours, 10 heures et 45 minutes. C’est le temps qu’a mis Thomas Coville, entouré de ses coéquipiers (Sébastien Audigane, Pascal Bidégorry, David Boily, Jean-Yves Bernot, Grégory Galfion), pour parcourir plus de 26 000 milles nautiques.
Cette performance ne se contente pas d’égaler les records passés ; elle les dépasse avec autorité. En franchissant la ligne d’arrivée à l’ouest du phare de la Jument, au large de l’Île d’Ouessant, l’équipage de Sodebo Ultim 3 a validé un tour du monde qui restera gravé dans les mémoires. Comme le rapportent les médias, dont France Info, il s’agit désormais du nouveau record absolu.
"Le navigateur Thomas Coville et son équipage battent le record absolu du tour du monde à la voile en 40 jours, 10 heures et 45 minutes." — France Info
Cette vitesse fulgurante, maintenue sur des mers aussi exigeantes que l’Atlantique et le Pacifique, est le fruit d’une synchronisation parfaite entre l’homme et la machine. À l’instar de ce que relate L’Équipe, le trimaran Sodebo Ultim 3 a démontré une fiabilité et une vitesse de pointe qui ont permis de verrouiller la course très tôt face à la concurrence.
La Route du Record : Chronologie d’une Aventure
Le tour du monde à la voile est une équation complexe où la météo joue le rôle de maître du jeu. Pour Thomas Coville, chaque jour a été une lutte pour optimiser la trajectoire et exploiter au maximum la puissance de son engin.
Le Départ et la poussée vers l’Équateur
Le voyage a débuté des côtes bretonnes, avec une sortie de la Manche rapide mais technique, souvent soumise aux alizés instables. Rapidement, l’équipage a dû naviguer en mode "attaque" pour sécuriser une avance confortable. La traversée de l’Équateur a marqué une première étape charnière, où l’adaptation aux courants et aux courtes houles a été cruciale.
Le Pacifique : L’Océan des Décisions
C’est souvent dans le Pacifique que se jouent les records. Thomas Coville a su lire les cartes météo avec une précision chirurgicale, évitant les zones de calme plats et surfant sur les depressions subtropicales. L’image ci-dessous illustre la complexité de ces décisions, où chaque degré de cap peut coûter des heures.
Le Cap Horn et le Retour vers l’Europe
Le passage du redoutable Cap Horn, véritable passage obligé des tours du monde austraux, a été une étape décisive. Après avoir déjoué les vents violents et les vagues monstrueuses de l’océan Austral, le retour vers l’Atlantique Nord a marqué l’entrée dans la phase finale. C’est à ce moment que la tension monte à bord et que la vitesse de croisière se transforme en vitesse de pointe pour sécuriser le record face aux bateaux qui pourraient encore tenter de le disputer.
Contexte : Thomas Coville, un Marin de Fer
Pour comprendre cet exploit, il faut regarder le parcours de celui qui tient la barre. Thomas Coville n’est pas un inconnu dans le monde de la voile. C’est un marin expérimenté, membre de la célèbre équipe Sodebo depuis de nombreuses années.
Son palmarès est déjà fourni : il détient le record du tour du monde en équipage, réalisé en 2016-2017. Mais ce nouveau succès consolide sa légende. À 46 ans, il démontre que l’expérience, combinée à une condition physique irréprochable et à une maîtrise technique des ultimes (ces trimarans de 32 mètres capables de planer à plus de 40 nœuds), reste un atout majeur.
Le bateau, Sodebo Ultim 3, est une bête de course révolutionnaire. Avec ses 32 mètres de long et ses foils capables de soulever la coque hors de l’eau, il représente l’état de l’art de l’architecture navale. La structure carbone et les voiles de plus de 500 m² offrent des conditions de vie à bord rudes, où le sommeil se prend par bribes de 20 minutes et la nourriture est essentiellement lyophilisée.
L’Impact Immédiat : Une Fête à Brest et une Fierté Bretonne
L’arrivée à Brest, ce dimanche matin, a été le point d’orgue de cette épopée. Comme le signale BFM, une foule immense était attendue pour accueillir l’équipage. Ce retour n’est pas seulement une étape logistique ; c’est un moment de partage et de reconnaissance.
Pour l’Équipage
Après 40 jours de privations, de fatigue intense et d’adrénaline, le retour à la terre ferme est un choc sensoriel. Le bruit ambiant, la stabilité du sol, la chaleur humaine des proches : tout cela contraste avec l’isolement et le bruit assourdissant du vent et de l’eau à bord. Pour Thomas Coville et ses hommes, c’est la fin d’un marathon mental autant que physique.
Pour la Région et les Supporters
L’impact est aussi économique et social. La voile fait partie intégrante de l’ADN de la Bretagne. Chaque succès comme celui-ci attire les projecteurs non seulement sur la région, mais aussi sur la technologie de pointe développée dans les chantiers navals locaux. La fierté collective est palpable ; c’est un héros local qui rentre chez lui avec une ceinture de records.
Analyse : Pourquoi ce Record est-il si Spécial ?
Dans le monde de la course au large, les records sont voués à être battus. Pourquoi celui de Thomas Coville et Sodebo Ultim 3 retient-il tant l’attention ?
- La Marge de Progression : Battre le record précédent de plusieurs jours sur un tour du monde déjà très rapide montre un saut technologique et tactique significatif. Cela définit une nouvelle ère pour la voile professionnelle.
- La Fiabilité : Sur les "Ultimes", la vitesse est acquise, mais la fiabilité