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Ginette Kolinka : La Voix Inoubliable d'une Survivante de la Shoah contre l'Oubli
À l'âge de 100 ans, Ginette Kolinka incarne la mémoire vivante de la Shoah. Déportée à Auschwitz-Birkenau à 19 ans, elle a transformé son drame personnel en une mission de transmission inébranlable. Chaque parole, chaque témoignage de cette femme est un rempart contre la haine et la banalisation du mal. Alors que le monde commémore les horreurs du passé, Ginette Kolinka reste une figure essentielle, non seulement pour son histoire, mais pour son engagement constant à éduquer les nouvelles générations.
L'itinéraire d'une rescapée : de Paris à Auschwitz
L'histoire de Ginette Kolinka, née Cherkasky le 4 février 1925 à Paris, est celle de l'arrachement brutal à l'innocence. En mars 1944, alors qu'elle n'a que 19 ans, elle est arrêtée par la Gestapo à Paris avec son père, son petit frère et son neveu. La famille est déportée en Pologne, vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Ce qui distingue le récit de Ginette, c'est sa capacité à décrire l'indicible avec une clarté déchirante. Elle est l'une des rares survivantes de sa famille, un fait qui pèse lourd dans son engagement actuel. Sa survivance n'est pas seulement biologique ; elle est une responsabilité morale. Comme elle le confie régulièrement lors de ses prises de parole, son combat est de s'assurer que ces événements ne soient pas relégués aux livres d'histoire, mais restent présents dans la conscience collective.
Un outil pédagogique puissant : « Ginette Kolinka contre la haine »
La mémoire de Ginette Kolinka prend aujourd'hui une forme concrète et accessible grâce à la BD documentaire « Ginette Kolinka contre la haine ». Ce projet, né d'une rencontre avec la dessinatrice Catel Muller et le scénariste Jean-Luc Fromental, a donné naissance à un album essentiel. Paru le 26 janvier 2026, ce livre croise le témoignage direct de la déportée et le talent graphique de Catel.
Ce n'est pas une simple bande dessinée historique, mais un pont jeté entre les générations. La vulgarisation de son histoire permet de toucher un public plus large, notamment les jeunes qui découvrent cette période par le biais de l'image. Catel Muller, habituée à donner la parole aux femmes fortes, a su capturer la gouaille et la détermination de Ginette. L'album confronte l'horreur vécue à Birkenau avec les poisons actuels : le racisme, l'antisémitisme, le négationnisme et l'intolérance.
Les coulisses du témoignage
Lors de la sortie de l'ouvrage, des événements spéciaux ont été organisés, notamment au Mémorial de la Shoah. Sur scène, Ginette Kolinka, Catel et Jean-Luc Fromental ont offert des moments d'émotion pure. Elle y raconte, avec ce mélange de franchise et d'humour noir qui la caractérise, la réalité de la vie dans les camps, mais surtout les horreurs de la sélection et l'effondrement de son monde. L'objectif est clair : « Je raconte où peut mener la haine », comme le titre l'indique si bien. C'est une leçon d'histoire immédiate, un appel à la vigilance.
Le rôle de passeuse de mémoire dans la société actuelle
Ginette Kolinka ne se contente pas de publier des livres. Elle est physiquement présente sur le terrain, notamment auprès des jeunes. Des initiatives comme celle observée en Seine-Saint-Denis montrent son engagement auprès de la protection judiciaire de la jeunesse. Partager son histoire avec des jeunes en difficulté, c'est briser les murs de l'indifférence et montrer que l'histoire de la Shoah touche tout le monde, quelles que soient les origines ou les parcours de vie.
L'impact de ses témoignages est souvent décrit comme bouleversant. Les récits comme celui de « Retour à Birkenau », une adaptation théâtrale du livre de Ginette, saisissent les élèves de collèges et de lycées, comme ceux de Carhaix. L'émotion qui se dégage de ces rencontres est un puissant vecteur de citoyenneté. En écoutant Ginette, les jeunes ne comprennent pas seulement l'histoire, ils saisissent la valeur de la tolérance.
Au-delà des livres : la reconnaissance populaire
La popularité de Ginette Kolinka s'étend aussi au-delà des cercles intellectuels. Sa notoriété est telle que des lieux portent désormais son nom. C'est le cas de la salle paroissiale à Pujaut, où des événements caritatifs se tiennent. Il est fascinant de voir comment le nom d'une survivante devient un lieu de rassemblement et de solidarité, comme cela a été le cas lors d'un loto paroissial organisé pour soutenir un enfant du village, Baptiste. Ce symbole, même local, montre l'ancrage de Ginette Kolinka dans le tissu social actuel : elle est associée, non pas à la mort, mais à la vie et à l'engagement communautaire.
Contexte historique : Pourquoi son témoignage est crucial aujourd'hui
Pour comprendre l'importance de Ginette Kolinka, il faut regarder l'état actuel de la mémoire de la Shoah. Nous entrons dans une phase où il n'y aura bientôt plus de survivants pour témoigner en direct. Ce que font Ginette et ses contemporains est un effort de "transmission" avant la coupure définitive. Les sources vérifiées, comme les articles du Pèlerin et de Paris Normandie, soulignent constamment ce point : elle parle pour que les jeunes n'oublient jamais.
Cette urgence est accentuée par la montée des extrémismes et de la désinformation sur internet. Le négationnisme et la banalisation des crimes nazis sont des poisons qui circulent encore. Le témoignage de Ginette, basé sur des faits historiques indiscutables et vécus, est une arme de résistance intellectuelle. Elle ne se contente pas de dire "c'était horrible", elle explique les mécanismes qui y ont mené, rendant son récit d'autant plus pertinent pour l'analyse politique et sociale contemporaine.
Une approche humaine et accessible
Ce qui rend Ginette Kolinka si efficace, c'est son ton. Loin de l'academicisme froid, elle parle avec la "gouaille" parisienne, une forme de franc-parler qui désarme et captive. Elle humanise la victime, loin des statistiques déshumanisantes. En parlant de son frère, de son neveu, de son père déportés avec elle, elle rappelle que chaque victime était un individu avec une vie, des espoirs et un futur brisé. Cette approche narrative est essentielle pour que le message passe auprès d'un public jeune, souvent en rupture avec les discours traditionnels.
Perspectives et avenir : L'héritage en devenir
Alors que Ginette Kolinka atteint le cap symbolique du centenaire, l'avenir de son héritage se structure. La sortie du livre « Ginette Kolinka contre la haine » en janvier 2026 n'est pas une fin, mais un nouveau départ. Elle assure que sa voix continuera à résonner même quand elle ne pourra plus être physiquement présente.
Les risques à venir sont clairs : la disparition progressive de la génération des témoins risque de laisser le champ libre aux révisionnistes.
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