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Procès des assistants parlementaires du RN : tout comprendre sur l'enjeu majeur pour Marine Le Pen
L'échéance judiciaire de l'année pour le Rassemblement National est arrivée. Ce mardi, la cour d'appel de Paris a ouvert les débats dans l'affaire dite des "assistants parlementaires européens", un dossier lourd de conséquences pour l'avenir politique de Marine Le Pen et de son parti.
Alors qu'une première condamnation en 2023 avait déjà ébranlé les structures du parti d'extrême droite, ce procès en appel représente un moment décisif. La leader RN ne s'y présente pas seule : désormais défendue par une nouvelle avocate de renom, Sandra Chirac Kollarik, elle espère obtenir une relaxe qui lui permettrait de conserver son éligibilité.
L'ouverture d'un procès à haut risque
Ce mardi 14 janvier 2025, l'atmosphère était tendue devant le palais de justice de Paris. Marine Le Pen, accompagnée de ses avocats et de plusieurs cadres du RN, a fait son entrée dans la salle d'audience vers 13h30. Pour la chef de file du groupe RN à l'Assemblée, l'enjeu est clair : "Elle espère pouvoir convaincre les juges d'un non-lieu", rapporte BFMTV.
L'accusation porte sur des faits de détournement de fonds publics et d'abus de confiance. Le parquet général requiert une peine de un an de prison ferme contre Marine Le Pen, assortie d'une peine de deux ans avec sursis simple, ainsi que 100 000 euros d'amende. Ce qui est en jeu, au-delà de la peine de prison, c'est l'inéligibilité qui pourrait en découler.
Les faits reprochés
L'affaire concerne l'emploi présumé fictif d'assistants parlementaires au Parlement européen entre 2004 et 2016. Selon la thèse de l'accusation, plusieurs collaborateurs du Front National (devenu RN) auraient été rémunérés par les fonds européens tout en travaillant en réalité pour les besoins du parti français.
Les juges d'instruction ont estimé que ces "assistants parlementaires" auraient dû être financés par le budget du parti, et non par les deniers publics européens. Un montage financier qui, s'il était confirmé par la cour d'appel, constituerait une infraction pénale grave.
La stratégie de défense et le changement d'avocate
L'un des éléments les plus commentés de ce procès est le changement radical dans l'équipe de défense. Après des années de bataille juridique aux côtés de Me Romain Dussart, Marine Le Pen a fait appel à une nouvelle avocate : Sandra Chirac Kollarik.
Cette dernière n'est pas une inconnue du monde judiciaire. Fille de l'ancienne ministre Nicole Chirac et belle-fille de l'ancien ministre Xavier Kollarik, elle a notamment défendu des personnalités comme Marlène Schiappa. Pour ce procès délicat, elle a choisi de se faire accompagner par Me Patrice Spinosi, un avocat spécialiste du droit européen, choix stratégique puisque les faits se sont déroulés au Parlement européen.
Un ton politique assumé
Dès l'ouverture du procès, la défense a choisi de ne pas limiter le débat aux questions purement juridiques. Me Chirac Kollarik a immédiatement dénoncé une "politisation" du dossier. "Ce procès est politique", a-t-elle lancé, reprenant une théorie chère au Rassemblement National : celle d'une justice "aux ordres" du pouvoir exécutif.
Cette stratégie vise à transformer une affaire comptable en un combat démocratique. L'objectif est double : obtenir un acquittement et discréditer une procédure que le RN présente comme une tentative d'empêcher la candidature de Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle.
Le contexte : une condamnation lourde de conséquences
Pour comprendre l'importance de ce procès en appel, il faut se souvenir du verdict de première instance. En mars 2023, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Marine Le Pen à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et à une inéligibilité de cinq ans avec sursis. Une peine jamais vue pour une figure politique de premier plan.
Depuis, la situation a évolué. Le député du RN a vu son immunité parlementaire lever, mais surtout, l'échéance de 2027 approche. Si la condamnation était confirmée avec une peine de prison ferme, Marine Le Pen pourrait être empêchée de se présenter à l'élection présidentielle, ou du moins, son éligibilité serait gravement compromise.
C'est pourquoi ce procès s'inscrit dans une stratégie globale de conquête du pouvoir. Le Rassemblement National, désormais premier parti d'opposition à l'Assemblée nationale, a besoin de cette page judiciaire tournée pour se projeter sereinement vers l'avenir.
La réception sur le terrain : un soutien populaire inébranlable ?
Alors que les débats s'ouvrent à Paris, l'écho de l'affaire se fait sentir à Hénin-Beaumont, fief historique de Marine Le Pen. France Info a interrogé les habitants de cette ville du Pas-de-Calais, et le constat est sans appel : la population locale reste massivement derrière sa députée.
"Ils font tout pour qu'elle ne passe pas", estime un habitant, faisant écho à une défiance profonde envers l'institution judiciaire. Pour beaucoup d'électeurs RN, ce procès n'est pas une simple procédure pénale, mais une "machine à discréditer" orchestrée par les élites parisiennes.
Ce sentiment de persécution partagé constitue un véritable ciment pour l'électorat du Rassemblement National. Chaque attaque judiciaire, réelle ou perçue, renforce la image de Marine Le Pen en victime du système, une posture qui a fait ses preuves lors des précédentes campagnes électorales.
Les enjeux techniques du procès en appel
Le procès qui s'ouvre ce jour ne juge pas seulement Marine Le Pen. Dix autres prévenus sont également sur les bancs de la cour, dont des cadres historiques du parti. La procédure en appel permet un réexamen complet de l'affaire : les juges ne sont pas tenus par la décision de première instance.
Les arguments juridiques clés
La défense va probablement s'attacher à démontrer que les fonctions exercées par les assistants parlementaires étaient bien liées à leur mission européenne. Le RN soutient depuis le début que les collaborateurs travaillaient pour le compte des députés européens, sous la responsabilité de ces derniers.
La question de la définition exacte du travail d'un assistant parlementaire est au cœur du débat. Le RN argue qu'il n'existe pas de frontière étanche entre le travail législatif et le travail politique, surtout au niveau européen où les partis doivent se construire une visibilité.
Par ailleurs, l'argument de la prescription sera sans doute évoqué. Les faits remontent pour la plupart à plus de dix ans. La défense pourrait plainer que le délai de prescription a été atteint ou que la procédure a été engagée trop tardivement, ce qui vicierait l'action publique.
Quelle issue possible ?
Le procès en appel s'annonce long et complexe. Les débats devraient s'étaler sur plusieurs semaines, avec l'audition de nombreux témoins et experts. La décision de la cour d'appel ne devrait pas être rendue avant l'été 2025.
Plusieurs scénarios sont envisageables :
- La relaxe totale : L
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